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L’envers du décor intrigue les spectateurs. Pendant que Cinemacity propose de découvrir la ville d’un lieu de tournage à l’autre, revenir sur les décors de films en amuse plus d’un. Des mises en abyme surprenantes confrontent la fiction à la réalité.

 

Depuis juin 2012, Christopher Moloney buzz sur le net avec FILMography. Le journaliste de CNN revient sur les lieux de tournage new yorkais où il replace dans son décor, la photo d’une scène de film. L’effet visuel est efficace. On croirait voir Audrey Hepburn devant la vitrine de la bijouterie Tiffany sur la 5ème avenue ou Bibendum Chamallow écrasant les passants de Broadway dans S.O.S Fantômes. De New York, Christopher Moloney décide d’approfondir son projet et élargit son champ de travail à l’international : Toronto, Chicago, Rome, Bangkok ou encore à Angkor, à la recherche du décor de Tomb Raider.

 

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Christopher Moloney replace Bibendum Chamallow dans son décor de tournage.

 

Gea Casolaro est une photographe italienne. Still Here, son projet de mise en abyme de photo est exposé à The Gallery Apart, à Rome. Mais Gea est attirée par la ville lumière. Lorsqu’elle arrive à Paris en 2009, elle entame son enquête sur les lieux de tournage des films qu’elle connaît. « J’ai fait « la flânerie » comme le font si bien les parisiens. Je voulais vraiment me faire une mémoire visuelle de cette ville » explique Gea. Dans un premier temps, la photographe s’amuse à revenir sur les films de son enfance puis avec l’aide de son entourage, elle élargit son panel à tout genre et toute époque. De Casque d’or à Inception, Gea suit la même démarche que Cinemacity : puiser dans le patrimoine culturel pour découvrir la ville.

 

 

« Paris est la ville où le cinéma est né. En italien « donner naissance » se dit « dare alla luce » c’est à dire « donner à la lumière ». Du coup, j’ai pensé que la ville lumière, celle des frères Lumière, s’ouvre au savoir et à la connaissance. Entre l’Histoire et la culture, l’identité de la ville est très forte » - Gea Casolaro.

 

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Audrey Hepburn dans Drôle de frimousse (1957), sur les quais de Seine de nos jours – Gea Casolaro

 

L’idée rappelle le travail du belge Benjamin Heine dans sa série Pencil vs Camera. L’artiste raconte ses histoires en superposant ses dessins sur des décors réels. Jason E. Powell avait aussi été remarqué pour son Looking into the past : une jolie façon de raconter une histoire mais pas n’importe laquelle, celle du lieu photographié. Dans un esprit plus informatif, Rue89 s’est prêté au même exercice en comparant le Paris d’hier et celui d’aujourd’hui. De la même manière, TimeOut a fait le même travail pour Londres. Le phénomène se multiplie et l’envers du décor attire de plus en plus la curiosité de ses spectateurs. Le graphiste hollandais Piet Schreuders fait un focus sur le court-métrage de Albert Lamorisse. Son flickr rassemble tous les lieux du Ballon rougeune petite visite virtuelle du quartier de Belleville et Ménilmontant. Les amateurs aussi se prennent au jeu. Allen Fuqua partage sa passion du voyage et du cinéma. Sur son site Movie Mimic, l’homme se met en scène en photo in situ au quatre coins du monde. Un concept de « movie mimicking » qui pourrait attirer les âmes cinéphiles.

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Allen Fuqua reprend la scène avec Mathieu Kassovitz dans Le fabuleux destin d’Amélie Poulain.

 

Comme Cinemacity, Paris fait son cinéma incite le spectateur à se déplacer sur les lieux de tournage. Il répertorie les adresses mythiques du cinéma et propose de s’immerger dans les décors filmés par les réalisateurs. Peut-être comprendrons-nous mieux pourquoi Luis Buñuel a choisi le restaurant dans le bois de Boulogne, la Grande Cascade, pour tourner Belle de jour ou pourquoi Maïwenn a choisi la brasserie L’Annexe dans Polisse

 

Héloïse Paulmier.